| CAMPAGNE D'INFORMATION CONCERNANT LES MALADIES DE LA PROSTATE |
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| L’EAU (European Association of Urology)
organise ce 15 septembre 2006 le second Prostate Awareness Day 2006.
A cette occasion le BAU working group oncology a produit une version Belge du poster officiel de l’EAU. Ce poster est destiné à sensibiliser les médecins traitants sur la prostatite, l’hyperplasie bénigne et le cancer de la prostate. En collaboration avec Roularta Medica, ce poster sera annexé au journal le Généraliste du 14-9-2006 qui, pour rappel, est envoyé aux 15.000 omnipraticiens du pays. La BAU (Belgian Association of Urology, qui regroupe les sociétés francophone et néerlandophone d'urologie et le groupement de défense professionnelle des urologues) profite également de cette occasion donnée pour produire un livret d’information destiné aux généralistes, qui synthétise l’information à fournir aux patients avant d’envisager un test de dépistage par PSA. La BAU estime ainsi répondre à la demande du KCE de freiner le dépistage opportunistique agressif réalisé chez des patients non informés. En l’attente des résultats des études randomisées sur le dépistage, ce livret fourni aux généralistes les bases d’une discussion constructive sur les avantages et inconvénients du dépistage Dr. Bertrand TOMBAL |
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| image disponible au format PDF ici | ||||||||||||||||||||
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AVIS
DE LA BAU (BELGIAN ASSOCIATION OF UROLOGY) CONCERNANT LE DEPISTAGE DU
CANCER DE PROSTATE PAR LE DOSAGE DU PSA |
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| Le Centre Fédéral d’Expertise
des Soins de Santé (KCE) a émis en Avril 2006 un rapport intitulé
: « l’antigène prostatique spécifique (PSA) dans
le dépistage du cancer de la prostate »(1). Ce rapport a troublé
plus d’un patient et d’un praticien et jeté le doute
sur l’importance du diagnostic précoce du cancer de la prostate.
A l’occasion du second Prostate Awareness Day, organisé à l’initiative de l’European Society of Urology (EAU), il nous paraissait important de proposer au public et aux médecins omnipraticiens une relecture balancée du rapport du KCE et de la littérature qui le soutien. Le rapport du KCE émet un avis négatif sur l’utilisation du PSA comme outil de dépistage de masse du Cancer de la Prostate, et ce d’autant plus chez des patients non informés. La Belgian Association for Urology (BAU) soutien cette position, d’ailleurs en ligne avec les « Guidelines de l’EAU ». Par ailleurs, le KCE met en garde contre une utilisation opportuniste massive du PSA, qui s’apparente à un dépistage de facto. Le BAU insiste sur le fait qu’aucune des sociétés nationales, SBU et BVU, n’ont émis dans le passé d’incitant actifs ou tacites à ce sujet. Les initiatives mentionnées par le rapport du KCE sont des initiatives locales qui n’ont pas reçu le soutien des sociétés. L’avis du KCE est un avis émis à l’échelle de la population qui ne tient que peu compte des bénéfices et désavantages réels d’un individu. Impact des maladies prostatiques. La prostate une source potentielle d’ennui de santé pour l’homme âgé de 40 ans et plus. L’hyperplasie bénigne de la prostate, la prostatite et le cancer de la prostate sont des conditions invalidantes qui peuvent nuire à la qualité de la vie. Ces pathologies sont traitables, aujourd’hui le plus souvent sans avoir recours à la chirurgie. La présence de symptômes tels que brûlures mictionnelles, impériosité, pollakiurie, nycturie, hématurie, dysurie et incontinence sont des symptômes alarmants qui doivent inciter le patient à consulter leur généraliste ou leur urologue. Ces conditions peuvent aussi révéler la présence d’un cancer de la prostate. Le cancer de la prostate est une maladie mortelle s’il n’est pas détecté suffisamment tôt, avant la survenue des symptômes. Le cancer est la première cause de mortalité en Belgique chez les hommes âgés de 50 à 75 ans, et le cancer de la prostate la troisième cause de mortalité par cancer. Ces chiffres sont ceux du rapport du KCE. Les hommes ont le droit d’être informé sur les avantages et les dangers de se soumettre à un test de diagnostic précoce du cancer de la prostate Les avantages et bénéfices potentiels d’un diagnostic précoce du cancer de la prostate sont : - Seuls les cancers diagnostiqués à un stade précoces
sont curables. Les cancers avancés et métastatiques ne sont
pas curables. Les désavantages et dangers d’un diagnostic précoce sont: - Beaucoup d’hommes sont porteurs de cancers de prostate appelés
indolents parce qu’ils ne donneront jamais de symptômes ou
de métastases, et n’entraineront jamais le décès
du patient. Le sur-diagnostic et le sur-traitement. De nombreux patients présentant des cancers indolents ont subi
dans les dernières années des traitements inutiles et ont
été exposés inutilement à des complications
invalidantes. Sur base des données du SEER et d’une définition
très strictes des cancers à faibles risques (Gleason 2-4
/ tout âge ou Gleason 5-7 et âge < 70 ans), Miller et al
démontrent que 55% des patients sont traités inutilement
10% par chirurgie et 45% par radiothérapie (2). Dans une revue
des 1014 patients diagnostiqués dans l’ERSPC, Roemeling et
al ont identifié 293 (28.9%) de patients candidats à une
surveillance active : Gleason sur la biopsie = 3 + 3, au maximum 2 carottes
de biopsies positive, stade cT1c or cT2, densité de PSA <0.2
ng/ml/cc, et PSA = 15 ng/ml (3). Aujourd’hui on peut mieux définir les cancers sur base sur l’interprétation des biopsies (1 à 2 carottes positives, Score de Gleason < 7), des données cliniques (stade = T2a) et biologiques (PSA < 10-15 ng/ml). Le suivi thérapeutique de ces cancers peut être effectué par dosage itératif du PSA et répétition des biopsies tous les un à deux ans (4). On peut ainsi éviter à une proportion importante des patients les effets secondaires des traitements.
L’introduction du PSA a permis d’identifier plus précocement les cancers de la prostate. Dans la publication récente de la branche hollandaise de l’ERSPC la proportion de cancers localement avancés et métastatiques est tombée de 10,1 % dans le bras contrôle à 2,3 % dans le bras dépisté, et ce au profit des stades localisés (T1c-T2) qui passent de 49,3 % à 76,1% (5). Le PSA permet aussi de prédire le risque de développer un cancer de prostate et d’adapter la fréquence des visites de dépistage. Une chose est certaine, on dose le PSA trop souvent chez beaucoup trop
de patient. Par exemple, dans leur version de 2005, les guidelines du
NCCN recommande un premier dosage à 40 ans. Si ce premier PSA est
< 0.6 ng/ml, il propose de postposer le prochain test à 45 ans.
Si à 45 ans, le test est = 0.6 ng/ml, le test n’est pas répété
avant 50 ans (6). Dans l’étude du bras Suédois de
l’ERSPC, le risque de développer un cancer après 7
années de suivi dépend du PSA à l’entrée
dans l’étude de dépistage (7) (voir table). L’étude
d’Ulmert démontre que le risque de développer un cancer
de la prostate dans une période de 13 à 25 ans dépend
de la valeur initiale du PSA (8). Ainsi, le risque de développer
un cancer de la prostate est 8,4 fois plus élevé pour un
patient dont les PSA initial est de 1,5 à 2 ng/ml par rapport à
un patient dont le PSA est < 0,5 ng/ml, et 13,9 fois élevé
pour un patient dont le PSA est entre 2 et 3 ng/ml. Ces observations sont
importantes car elles permettent de rédiger des conseils sur l’intervalle
idéal de dépistage. Ainsi sur base des résultats
de la branche Suédoise de l’ERSPC, G. Aus conclu que les
patients dont le PSA de départ était < 1 ng/ml peuvent
sans danger ne répéter le dépistage que tous les
3 ans alors que les patients dont le PSA est > 1,5 ng/ml devrait se
présenter tous les ans. A noter que dans le cadre du dépistage
d’un patient asymptomatique, il n’y a aucun intérêt
à répéter les dosages plus d’une fois par an
(9).
Un des aspects relativement peu développé par le rapport du KCE est le développement de stratégies visant à une meilleure utilisation du PSA. - Adaptation des valeurs seuils en fonction de l’âge. La
valeur moyenne du PSA augmente avec l’âge, c’est un
élément important à rappeler aux patients. Plusieurs
valeurs de référence ont été produites, nous
en donnons une ici pour information (11). En conclusion La récente publication du KCE concerne essentiellement le rôle du PSA dans le dépistage de masse de la prostate chez des patients asymptomatiques non informés. La BAU soutien cette prise de position et recommande de ne pas pratiquer de dosage du PSA chez des patients asymptomatiques sans information préalable. Mais la BAU soutien également que les patients ont le droit d’être informés sur le fait que le Cancer de la Prostate est une maladie fréquente, parfois mortelle mais curable si elle est diagnostiquée à des stades localisés. Les patients ont droit à cette information et ensuite choisir librement si ils souhaitent réaliser un dépistage. Dans le cadre de ce choix informé, le PSA et ses dérivés sont en association avec le toucher rectal, l’échographie transrectale et, éventuellement, les biopsies de prostate: des outils capitaux pour le diagnostic et le traitement de cette affection urologique affligeante. Références bibliographiques
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BROCHURE D'INFORMATION EDITEE PAR LA BAU (BELGIAN ASSOCIATION OF UROLOGY) A DESTINATION DES MEDECINS GENERALISTES, DES UROLOGUES ET DES PATIENTS |
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Disponible
ici
au format PDF |
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